Lecture Numérique

Exception, vous avez dit Exception

Parfois les généralités concernant les lecteurs me gonflent !
Un peu marre de lire que nous ne lisons plus, que nous sommes une cible, que nous lisons mal, que des études démontreraient que nous mémorisons moins sur un écran que devant un journal de bas niveau, que sur tel support il n’y a pas de cible possible, ou que sur tel autre support ce sont les vrais littéraires qui seuls peuvent comprendre.

Alors oui je suis autodidacte, et je lis tout ce que j’ai envie de lire, certainement pas ce que l’on m’impose au rythme des prix littéraire que j’apprécie parfois, très longtemps après le matraquage de la période dite faste. Etre autodidacte c’est ça aussi : apprendre par le livre, donc depuis mes 4 ans, je pique les bouquins que je trouve, je cherche celui qui m’apprendra le truc qui m’intéresse, je pioche dans les Poches, dans les belles reliures qui trônent dans la famille, dans les bouquins brochés, ou pas 😉 ; et j’ai acheté aussi plus de 3000 livres revendus, prêtés et non rendus, échangés, conservés.
Quand je trouve un bouquin qui me plaît, ou qui réponde à mon attente, je lis.
Quand un éditeur propose ses auteurs de façon professionnelle et sympathique je lis, mais quand on me sert la soupe je ne lis pas.
Quand j’aime un auteur, je le traque, je le suis partout, je lis tout ce qui s’écrit sur lui, j’écoute aussi ce qu’il a à dire hors de ses livres et surtout je deviens contagieuse, je le recommande, je le diffuse autour de moi, et j’achète parfois le bouquin en 3 exemplaires pour mes enfants, qui sont nés, un bouquin greffé au bout des mains.

Et lorsque j’ai envie de lire je prends, et oui, mon  Ipad aussi ; ou le bouquin papier qui traîne au fond du sac, ou le bouquin de poche, et parfois le vieux Sony Reader. Et j’emmerde les marketeurs de tous poils qui pensent que je devrais lire sur un kindetruc, un bookmachin, je ne lis pas pour le support, je savoure des mots. Alors qu’ils soient d’encre bleue (que l’on mémoriserait mieux que la noire), d’encre numérique (qui ne fatiguerai pas les yeux), de plume d’oie (qui ferait éternuer) ou de mine de crayon (qui s’effacerait) , ce sont les mots des auteurs que j’aime.

Je lis de ci de là, des études énormes : il parait que la race du lecteur est une race « à part »
puisqu’elle obéirait à des lois très généralisantes :
-Lecteurs Intellectuel littéraire : les nobles à chapeaux de plumes, dont les lectures ne seraient que culture, ouvrages rares ou réservés à une élite qui seule est capable de comprendre et d’apprécier.
-Lecteurs Manga, Fantaisy, ou BD qui commenceraient tout juste à acquérir des lettres de noblesse dans la cour fermée d’un royaume endormi
-Lecteur Papier, dont le livre à une âme, une odeur. Ah oui celui là c’est le généraliste restrictif qui n’a jamais touché un écran pour lire, ça tue les âmes des livres parait –il et ça sent le gaz certainement
-NON-lecteur, jeune de préférence, stigmatisons un peu : ces jeunes qui ne lisent plus et qui pianotent sur leur téléphone et s’abrutissent de jeux

Lecteur Senior : qui ne lit que Voici ou Viva, ou je ne sais quoi en s’endormant lunettes sur le nez
-Lecteur en numérique : fanatique anarchiste qui ne supporte plus qu’on lui parle de papier, c’est ringard, pas écolo et révolu.
-Lecteur Kintruc, bookmachin, readerbidule : qui ne jure que par UN SUPPORT et entrave sa liberté dans une librairie D R M isée.

Et bien d’autres encore, les marketteurs trouveront certainement un nom pour chaque catégorie, bien ficelée, bien saucissonnée en tranches de parts de marché possibles.

Pourtant…toute étude à son Exception.
Et une Exception peut être contagieuse, faire des petits en douce, se faufiler entre les tranches et prendre ici le bouquin intellos qu’on se tartine un weekend end histoire de comprendre, là le Manga de sa nièce au moment du goûter histoire de découvrir ce qui la fait tant rêver, puis l’Exception peut aussi poser sur sa table de chevet la vieille âme d’un livre cent fois lu, décortiqué, relu, et s’en aller ensuite papoter avec le jeune fou du coin pour jouer avec lui sur un Ipad gonflé à mort de jeu, tout en suggérant que là, juste à coté des jeux, la librairie propose cette BD que tu aimes, tu sais, celle que tu m’a passée l’autre jour.
L’exception est fatiguée aussi, et les yeux fermés sous les lunettes elle peut se souvenir d’un article idiot mais qu’on lit quand même chez le dentiste qui dit que ….la lecture numérique est la seule valable, le papier est ringard, on n’en veut plus.
Et par faiblesse, idioties ou curiosités, l’Exception se coltine parfois un achat DRMisés chez ces emprisonneurs  de livres…énervant au passage tous les SAV: je vous recommande Epagine, ils sont top niveau conseils, bouquins et SAV : ils ne m’ont encore pas jetés, et je suis vraiment, sincèrement, et définitivement celle qui se chope chaque fois le DRMdelamortquitue dont le lien à cassé, ou qui a changé trois fois de MP sur adobeàlacon et qui ne s’en souvient plus, quiche un jour, quiche toujours.
Je vous déconseille vivement Fnacbook, Eyrolles, Relay, Lulu.com : ils m’ont jetés et sont nuls en SAV, ils ne savent pas ce qu’est un DRM, mettent du temps à répondre, et finalement, n’aiment pas les clients, juste la CB du client.

Alors voilà, je lis de tout, partout, sur tout support. Et je ne suis pas une étude de cas, je ne suis pas exceptionnelle, donc non valable pour une étude, je suis lectrice, comme toi, comme l’autre, comme le môme et le papy, la jeune mère ou le quadragénaire branché. Donnez nous des mots et nous les aimerons à notre façon, selon nos choix, à notre rythme. Cessez de vous baser sur des généralités, des études car elles sont fabriquées sur des modèles anciens.
Inventez nous le monde de demain.
Innovez.
Proposez ces merveilleux bouquins ou souffle le vent quand on tourne la page, mon petit fils connait par cœur celui qui fait le vent dans les pages. Passez à des modèles pour les enfants d’aujourd’hui qui seront vos meilleurs clients demain. Et cherchez comment laisser l’accès libre à tous les mômes, même ceux qui ne connaissent pas les écrans, parce que demain croyez moi, où qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, ils les découvriront.

Je remercie dans le désordre :

Souris grise, Walrus , La revue Auguste,So ouat, Bragelonne, Numeriklivre, Epagine, Oeuvres ouvertes, Publie.net, Immateriel, JF Balek;Le Plup et son cactus, Parents 3.0
Pour les belles heures passées grâce a eux. Et tous ceux que je pratique au quotidien et que j’ai oublié : qu’ils se manifestent ici, en laissant un lien et en partageant celui-ci,  parce que partager une passion c’est aussi  fêter tous ensemble juste le plaisir de lire, d’en parler, de diffuser. *
Le livre n’est vivant, n’a d’âme que par l’émotion qu’il exprime à travers tous les acteurs qui concourent à sa vie. Et j’ajoute que le livre ne « sent » pas. Ce n’est pas un fromage.

*Je me fiche totalement du nombre de visite, du klout, des statistiques, ce blog n’est qu’un brouillon qui deviendra un jour peut etre plus grand, plus pro mais c’est une autre histoire 

6 réflexions au sujet de « Exception, vous avez dit Exception »

  1. Très beau texte mais je ne suis pas d’accord sur une phrase « le livre ne sent pas ». Avez vous consulté pour anosmie? 🙂
    Bien sur qu’un livre sent. Il sent la poussière, il sent le parfum que j’ai mis sur une de ses pages, il sent la crème solaire du vacancier qui l’a lu sur la plage, il sent le moisi quand il est resté trop longtemps dans un carton au fond du garage ou du grenier, il sent l’encre, il sent le papier neuf, il sent le papier vieux, il sent le fromage que le gourmand a mangé tout en tournant les pages…
    J’ai travaillé comme bibliothécaire et je peux vous assurer que les livres ont une odeur. Il n’y a rien de rétrograde d’aimer l’odeur ou de trouver une odeur aux livres, on peut aimer le papier ET l’électronique. Un livre est un objet auquel on transmet notre personnalité et nos fantasmes.
    Un livre n’est pas un fromage mais il sent.

  2. Je me reconnais dans ce que tu as écris comme style de lecteur (Exception!), sauf le livre électronique pas encore testé ; préférence marquée pour les poches (budget). Et comme toi, quand un auteur me plait, je me met à tout lire de lui …

  3. Contente de lire que vos déboires ne vous ont pas enlevé votre soif de lecture.
    Je vous rejoins concernant JFBallek ainsi que le plup qui m’amuse également quotidiennement avec ses pensées .
    Je ne vous dis pas à bientôt car la roue tourne et vous n’aurez donc plus de soucis numériques,
    Bien à vous,
    Stéphanie
    Stéphanie

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